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L'associatif : un véritable défi managérial - A dire Vrai

L’associatif : un véritable défi managérial

Creuset des pratiques coopératives, l’engagement associatif devrait être un passage obligé pour tout futur manager. On y apprend à placer sa confiance dans le groupe mais aussi, qu’avancer collectivement n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

 

Imaginez le défi des responsables associatifs : impliquer chaque membre de l’association et donner corps à un projet collectif, ALORS que

  • pour beaucoup, cet engagement se fait en PLUS du travail et de la vie de famille,
  • il n’y a pas de liens et d’obligations hiérarchiques,
  • personne n’a pas été « recruté » pour des compétences prédéfinies,
  • tous ont peu de temps, à priori, à y consacrer et personne ne s’engage avec des horaires et un calendrier fixes.

Pour toutes ces raisons, la vie associative est un challenge au quotidien avec ses hauts et ses bas, mais elle est surtout source de beaucoup de plaisir, cette énergie qu’il manque trop souvent dans le monde du travail.

 

Laissez-moi vous partager 5 enseignements tirés de mon expérience associative qui pourraient rafraîchir un peu les pratiques en entreprise.

 

1 – Travailler avec plaisir et fun

Non, travailler ce n’est pas forcément sérieux. Oui, de la concentration et un cap clair sont nécessaires pour être efficaces… mais pour le reste, un peu moins de sérieux et un peu plus de convivialité ne feraient pas de mal, bien au contraire ! Trouver du plaisir à travailler ensemble, c’est ne pas rechigner à la tâche, faire place à la coopération et développer l’esprit d’initiative et ça, tout bon manager devrait y trouver son intérêt.

 

Et pour instaurer cet état d’esprit, une première étape consiste à soigner la convivialité lors des temps de travail en commun : amener quelque chose à grignoter, travailler en extérieur, surprendre par un point de l’ordre du jour… Résultat : chacun est plus détendu, la créativité et l’attention aux autres croissent et l’ambiance n’est pas forcément « relâchée » pour autant.

 

2 – Privilégier l’initiative avant de cultiver des expertises

Le monde du travail a tendance à enfermer les gens dans des cases. Chacun est spécialiste de quelque chose et s’attèle à des missions bien souvent très (dé)limitées. Ce qui est beaucoup moins vrai dans l’associatif où la répartition des tâches se fait surtout sur la base du volontariat. Ce n’est plus alors les compétences que l’on vient chercher mais la motivation, l’envie de se lancer à faire quelque chose que l’on a jamais faite, quitte à aller chercher le soutien ou le conseil de spécialistes.

 

Dans la pratique, cela rend souvent les choses moins bordées, plus incertaines mais aussi, plus créatives et, dans un grand nombre de cas, plus réussies. Ainsi certains s’investissent au-delà de ce qui était prévu et obtiennent des résultats bien supérieurs aux attentes initiales.

 

Le secret est pour moi de donner une place et de l’importance à chacun sans à priori, en étant à l’écoute de leurs envies et en repérant leurs talents sous-exploités. Il est important aussi de prendre conscience que naturellement l’individu aspire à grandir et apprendre pour peu qu’on lui en donne l’opportunité. Une réalité encore très éloignée du « sans-faute immédiat » exigé en entreprise.

 

3 – Savoir se renouveler

Le bon et le mauvais côté de l’associatif, c’est qu’au fil des AG et des bilans annuels, on repart parfois de zéro en terme d’organisation et de projet car les personnes investies changent. Ces cycles naturels, s’ils ne font pas complètement table rase du passé, sont une opportunité de faire le point et d’innover.

 

Plusieurs facteurs contribuent selon moi à cultiver cette créativité et cette capacité à se renouveler :

  • des opinions pleinement exprimées
  • un temps et une attention toute particulière réservés aux débriefings et aux feedback (excuse my English !)
  • la croyance qu’il n’y a pas de bonnes recettes mais qu’il y en a des milliers, pour peu qu’on accepte de remettre en cause l’existant et de ne pas s’appuyer uniquement sur de vieilles stratégies gagnantes
  • la capacité à tester, donner une place à l’erreur et à l’expérimentation dans des délais courts. Cette dynamique est d’autant plus facile à mettre en place dans le secteur associatif que le temps à consacrer au projet est très contraint et que la pérennité de l’association est toujours en jeu, très souvent à court terme. On se pose alors plus souvent la question « Qu’est-ce qu’on fait dans les 15 jours qu’il nous reste pour avoir un résultat ? ». Et là on simplifie l’idée et on la renforce.

Au final, beaucoup d’ingrédient des projets agiles qui peuvent inspirer les managers !

 

4 – Responsabiliser et autonomiser

Dans l’associatif, sauf cas exceptionnel, il n’y a pas un chef qui décide tout. L’organisation n’est pas pyramidale mais plutôt collégiale et participative. Ce fonctionnement est une bonne école d’ouverture et de tolérance, qui entraîne des décisions plus longues à emporter mais aussi plus solides et efficaces. Et dans l’exécution, c’est la même chose. Si certains membres s’emparent de la concrétisation du projet, il faut savoir lâcher-prise, accepter de ne pas tout contrôler et accepter que les choses ne seront pas forcément faites comme on l’imaginait (mais parfois mieux !). Ce qui n’empêche bien évidemment pas d’avoir un leader ou des leaders qui donnent le cap et surtout peuvent trancher certaines décisions.

 

5 – Entretenir la vision long terme

C’est particulièrement vrai dans le monde associatif : nous travaillons à servir une cause qui nous semble juste et qui contribue à rendre le monde meilleur (« sortez les violons ! »). Ainsi, dans l’associatif comme en entreprise, avant de se répartir les « to-do lists » et de définir qui fait quoi, il n’est jamais accessoire de se rappeler POURQUOI on fait cela. Cela donne du cœur à l’ouvrage et cela justifie nos actions et donc notre utilité. Et quoi de mieux que de se lever le matin en sachant à quoi l’on sert !

 

 

Bref, vous aurez compris que ce sujet me passionne. Pour toutes ces raisons et bien d’autres, je ne saurai que trop vous conseiller sur votre temps libre d’aller expérimenter et vivre l’aventure associative. Vous confronter à des profils différents et des façons de faire moins normées qui ne peuvent que vous enrichir.

 

Et si vous aussi vous vivez de belles histoires associatives, je serai intéressée de savoir ce qu’elles vous ont appris.

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Passionnée par la communication interpersonnelle et les dynamiques de groupe, Sandrine Malet met son expérience du management d’équipes projet et sa pratique de facilitatrice en intelligence collective au service des entreprises et de leur transformation. Après un parcours de 15 ans dans les métiers de la communication, elle accompagne aujourd’hui des équipes dans leurs évolutions stratégiques en favorisant l’émergence de solutions innovantes, solides et partagées.